Samedi 15 juillet 2006
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Quand on pense a l'Argentine, il y a quatre images qui viennent a l'esprit :
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les steaks;
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Maradonna;
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des gauchos qui galopent dans la steppe pour rassembler leur troupeau ;
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un couple qui danse le tango avec passion, entoure de la fumee epaisse d'un bar.
Comme on n'arrivait pas a choisir, on a voulu tout essayer. Pour les steaks, vous decouvrirez les degats sur le tour de ventre de Julien dans quelques semaines. Pour le foot, c'est rate, l'Argentine a ete eliminee trop tot. Restaient les deux dernieres, et on a mis le paquet.
D'abord, le cheval. On a joue a Lucky Luke au pied des Andes enneigees a Uspallata. Comme il faisait trop beau pour envisager le ski (dixit Helene), on s'est rabattus sur une ballade a cheval. Experience fantastique pour son aspect de communion avec le paysage sauvage et rude, mais ce sont nos jambes et nos fesses qui semblent avoir ete les plus marquees. D'autant que la veille on avait fait une magnifique promenade en tandem pour voir le rocher aux 7 couleurs, et ca montait sacrement (pas un coup de pedale a faire pour rentrer...)
Puis on a confirme notre addiction aux bus de nuits, a en juger par la facilite avec laquelle on les accumule. Direction: Buenos Aires, pour une semaine de surprises plus ou moins agreables. Pour commencer par le desagreable, l'auberge de jeunesse dans laquelle nous echouons apres la derniere nuit de bus. "A cool place in the trendiest place of the city". 80 jeunes voyageurs de tous les pays (majoritairement anglais et bresiliens) reunis pour profiter de ce pour quoi Buenos Aires est celebre parmi les voyageurs: la vie nocturne, qui commence par un apero appuye jusque 23h suivi d'un diner pour arriver en boite surtout pas avant 2h. La, cruellement un peu, on s'est sentis differents, un peu incapables de lier conversation, obliges d'aller repeter nos pas de tangos dans notre coin et dnous coucher a minuit parce que, decidement, 2h c'est trop tard pour commencer la soiree. Apres 300 jours en tete a tete on est peut-etre devenus un peu asociaux, en tout cas on n'est decidement ni cool ni trendy.
Du coup, on a change de chambre apres deux nuits. Direction l'hotel "Brisas del Mar", tenu par un vieillard et qui aurait pu servir de decor pour "Les vacances de Monsieur Hulot". Et changement d'ambiance aussi: plutot que suivre les autres voyageurs, nous allons trouver NOTRE Buenos Aires. Il en est finalement des voyages comme de tout dans la vie: on n'y est heureux que si on est soi-meme. Nous, on est peu-etre un peu intellos, mais on aime comprendre comment ca marche quand on visite un endroit, Julien aime prendre le metro et connaitre l'histoire de la ville, Helene aime decouvrir la culture vivante. Alors notre Buenos Aires, c'est celui du tango, et tant pis pour l'image cool et trendy de la ville.
Car Buenos Aires transpire le tango pas tous ses pores. Et pendant une semaine, la meme journee s'est repetee tous les jours, avec un lever en douceur dans notre petit hotel pour nous rendre a notre cours particulier quotidien, avec comme profs un jeune couple rencontre dans un magasin de chaussures (de tango). Une heure qui en durait toujours deux, pour apprendre la posture, les pas et les figures dans un petit studio tenu par un vieil italien adorable. Puis c'etait le moment d'une longue ballade, de quelques courses ou de la visite d'un musee. Buenos Aires est une ville tres parisienne, avec beaucoup d'immeubles haussmanniens. On s'y deplace en metro, les terrasses des cafes sont pleines. La vie culturelle y est bien remplie, avec partout des concerts, des expos... et du tango! Le tango est redevenu populaire depuis 10 ans apres avoir failli mourir apres les annees 60. On voit donc se croiser dans une danse insolite deux generations tres marquees de vieux et de jeunes. Dans Tanguata, l'hebdo du tango, on trouve pour chaque jour des dizaines de concerts, de bals, de demonstrations. Nous n'avions donc chaque soir qu'a choisir la decouverte du jour, d'une petite salle des fetes accueillant un jeune orchestre et quelques danceurs impressionnants dans une ambiance retro a un restaurant gay ou tous les codes du tango se trouvaient inverses.
On a carrement pris plaisir a decouvrir cette danse, si belle mais vraiment pas facile. Au debut, on a re-appris a marcher, a se tenir droit ("appris", tout court, dans le cas de Julien...), puis a tourner, et a enchainer des mouvements a deux. Tout ca dans une ambiance des annees 40, tres macho et sensuelle. Une decouverte qu'on espere prolonger a notre retour en France!
Et pour finir, une petite histoire par Julien (qui explique qu'il n'y ait aucune photo aujourd'hui):
Vous connaissez l'histoire de la baguette merdique? C'est un peu comme celle de la baguette magique, mais a l'envers: tout ce qu'elle touche merde ou se transforme en merde. La grande nouvelle, c'est que j'en ai une: mon doigt. Preuve: j'ai perdu notre appareil photo (tombe de ma poche dans un taxi), ma montre ne marche plus (elle prend 2 heures de retard toutes les nuits) et l'appareil photo de rechange ne marche plus non plus. Je vous conseille donc de ne pas trop vous approcher de l'ecran de votre ordinateur parce que la baguette merdique marche peut-etre aussi par internet (je n'arrete pas de decouvrir, emerveille, ses pouvoirs surnaturels).